François Calay

Préparer son abri anti-nucléaire

suisseL'exemple de la Suisse

En Suisse, la construction d'abris antiatomiques est obligatoire depuis 1963. Le pays possède près de 365.000 bunkers capables d'abriter toute sa population, à savoir neuf millions de personnes.
Car dans la Confédération Helvétique, c’est la loi : tout habitant doit disposer d'une place sécurisée de protection civile à trente minutes maximum à pied de son domicile, ou à une heure s'il habite en montagne.
Ces abris se trouvent dans les maisons, les immeubles locatifs mais aussi les bâtiments publics comme les écoles, les mairies et les gares.
La Suisse a également fait construire des hôpitaux souterrains comptant plus de 50 000 lits, ainsi que des abris pour sauvegarder les biens culturels.

Et ailleurs ?

Les deux autres pays ayant mis en place une protection efficace de la population sont la Finlande et la Suède.

Et en France ?

En France, rien n'est prévu par rapport à la construction d'abris. La guerre nucléaire est une option qui n'est pas envisagée. La politique de l'autruche est d'application.
On parle en 2022 de la présence d'environ 400 abris privés et 600 abris militaires. Ce sont des données qui circulent mais qui sont en réalité invérifiables, car ceux qui font construire un bunker ne désirent (en principe) pas le dévoiler.

Où construire un abri souterrain ?
anti-atomique

Il y a deux solutions :

- soit utiliser une cave ou tout autre lieu sous terre, aux murs et plafond épais en pierre ou en béton, sans aucun soupirail, où on installe une porte épaisse de haute étanchéité, ainsi qu'un système de ventilation filtrée.

- soit construire un abri sous sa maison, ou dans son jardin. Un container marin enterré peut également convenir.

A quelle profondeur ?

Un abri situé à 1 ou 2 mètres sous terre et enveloppé de 30 à 40 cm de béton suffit pour résister au souffle d’une explosion ou à des radiations.
S’il est construit à une profondeur de plus de 7 mètres et entouré d’un mètre de béton, ils devient résistant à une explosion atomique proche.
Actuellement, la majeure partie des abris construits par des sociétés spécialisées est à 5 mètres de profondeur.

Prévoir l’aération de son abri

Un abri doit posséder un système d’aération, ce qui est logique puisqu’il est sous terre et qu’il faut une source d’air frais pour pouvoir y rester confiné un certain nombre de jours.
Il faut donc installer un système de ventilation depuis la surface, muni de filtres à air afin de ne pas laisser passer les contaminants.

Et l'électricité ?

Un générateur d'électricité extérieur (panneau solaire, éolienne 12V par exemple), raccordé à des batteries, permettrait le fonctionnement de petits appareils et surtout d'installer un éclairage correct, ce qui est fondamental.

Rester dans sa maison ?

A défaut d'avoir un abri à disposition, il est envisageable d'aménager en urgence une pièce de sa maison, à condition qu'elle aie survécu à l'explosion et à l'onde de choc. Dans ce cas, il faut choisir une pièce au rez de chaussée, ayant le minimum de murs donnant sur l'extérieur. Plus on est éloigné des murs extérieurs et du toit, mieux on sera protégé. Une pièce masquée par des bâtiments voisins est également préférable à une pièce donnant sur un espace ouvert.

Les fenêtres doivent être obstruées. L'idéal serait de les murer après avoir déposé les châssis. Si ce n'est pas possible, il faut les obstruer avec des sacs de sable, ou de terre. Ou au minimum fixer devant la fenêtre un panneau, par exemple une porte, contre laquelle on met une commode ou tout autre meuble, rempli de terre.
S'ils ne sont pas épais, il faut également essayer d'épaissir les murs, en utilisant des briques, des meubles volumineux, des récipients remplis de sable ou de terre, des livres. Le mieux étant bien entendu de les épaissir par leur côté extérieur, pour garder agréable l'intérieur de la pièce fortifiée.
Il faudra aussi improviser au mieux une entrée d'air extérieur munie d'un système de filtre (bien en étudier la constitution dès maintenant), pour assurer un renouvellement d'oxygène de la pièce.

Que mettre dans l'abri / prendre avec soi ?

Il faut prévoir y vivre pendant un minimum de 48 heures et, d'après certains ... plusieurs semaines ...(?).
Il pourrait être envisageable d'en sortir après 48 heures, pour des tâches extérieures essentielles, mais en sachant qu'on sera sujet à la radiation, qu'il faudra se couvrir complètement de vêtements qu'il faudra laisser dehors, et se doucher en rentrant dans l'abri.

Il faut donc disposer de :

- documents :
- ses papiers d'identité et documents officiels : diplômes, actes notariés, ...
- jeux de société, jeux de cartes, livres
- souvenirs de famille (photos, ...)

- médicaments :
- ses traitements médicaux (diabète, cardiaque, hypertension, etc.)
- des médicaments anti-radiation (iodure ou iodate de potassium)
- des antibiotiques, des pommades anti-infectieuses, des compresses, du sparadrap

- matériel :
-
un compteur Geiger (à acheter dès aujourd'hui, 50 euros sur Aliexpress)
- une radio pour rester informé : les smartphones ne fonctionneront plus (pas d'internet). Il vaut donc mieux revenir au bon vieux poste AM/FM à piles, avec une antenne à l’extérieur si possible (un long fil). La radio sera le seul point de contact avec l’extérieur, qui permettra de connaître l'état de la situation
- lampe(s) de poche (éviter les bougies, qui brûlent l'oxygène)
- piles de rechange pour la radio et les lampes. L'idéal est bien entendu un panneau solaire qui charge une batterie 12V couplée à un onduleur 220V
- matériel de couchage ; matelas, couvertures, oreillers
- table et chaises, étagère, armoire
- allumettes, briquet, horloge
- vêtements, bottes, ...
- outils de bricolage (pince, tournevis, ...)
- arme si possible : personne ne sait quelle sera la bienveillance des visiteurs éventuels (animaux ou humains) ni la sécurité de la société qu'on va trouver à la sortie de l'abri

- nourriture :
- un stock conséquent de nourriture : environ 500 grammes par personne et par jour. Bien entendu, pas d’aliments périssables. Seules les conserves peuvent durer et protéger la nourriture d’éventuels rongeurs
- de l'eau, beaucoup d'eau : deux litres d'eau consommable par personne et par jour, ainsi que de l'eau pour les nécessités quotidiennes
- assiettes, tasses, couverts, casseroles, ouvre-boite
- réchaud, bouilloire, et combustible (l'idéal étant une source d'électricité solaire ou éolienne)

- hygiène :
- adhésif et sacs plastiques, notamment pour stocker les déchets, excréments, etc.
- serviettes, savon, torchons, papier hygiénique, seau, poubelle
- cendres ou sable si animaux de compagnie.

Si la guerre nucléaire a lieu en hiver, l'impact des radiations sera moindre car le sol gelé ne les absorbera pas. Mais le subsistance dans un abri risque d'être plus problématique par manque de chauffage.

abri anti atomique

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