François Calay

L'apparente absurdité de l'univers

Tulkojums latviešu valodā LV

eiggEn exposant dans cette page mon idée de l'absurdité apparente de l'univers, je suis conscient d'être dans un jugement subjectif, car la réalité tangible n'a aucun sentiment. Or, en exprimant un ressenti de l'absurde, je sous-tends un sentiment.
Je me rends compte également que l'univers réduit à la perception de mes cinq sens est très restreint par rapport à sa grandeur réelle dans d'éventuelles autres dimensions.
Mais qu'importe, je ne puis m'empêcher de décrire mon étonnement de cette manière : le fonctionnement de l'univers m'apparaît relativement absurde.

La vie serait-elle une absurdité qui s'engendre par elle-même sans demander leur avis réel à ses acteurs ?
Sommes-nous réellement libres, puisque nos choix possibles sont très limités, et principalement déterminés par notre inconscient, qu'on le veuille ou non ?

L'homme est entraîné par le grand courant de la vie, comme emporté par un fleuve en crue, même s'il peut apparemment choisir soit de se laisser couler, soit de s'accrocher à une branche.
Le cours des choses est bien angoissant, car on n'y a pas prise : une brique qui tombe sur la tête, un tremblement de terre ... : hasard, imprévu, surprise !
Et la vie continue, malgré le nombre de destructions, de catastrophes, de carnages ...

Un fonctionnement violent par rapport à ma sensiblité

Lorsque j'observe l'univers qui m'entoure, la violence de la nature me choque au plus haut point :
- la survie est régie par la loi du plus fort et la sélection naturelle
- le phagisme est omniprésent (je te mange pour subsister)
- la nature elle-même (notamment pour la reproduction) fait d'énormes gaspillages de ressources
- les catastrophes naturelles sont incompréhensibles, allant jusqu'à la collision de galaxies
- tout ce qui existe s'inscrit dans la finitude, incluant la mort de vies totalement innocentes

Même si les catastrophes sont philosophiquement nécessaires à une remise en question, car la blessure et la mort sont un chemin d'approfondissement, il m'est tout de même difficile de concevoir tous ces dégâts.
J'observe une absurde inadéquation de la vie : tout semble mener inexorablement à la perte et à la mort. Serait-ce le prix payé par la nature pour la complexification et l'agrandissement de "sa" conscience ?
Et la destruction de l'homme, inclus dans l'ensemble, fait-elle également partie intégrante du système ?

skyeLa survie des espèces

La survie d'une espèce animale nécessite une vie en communauté de même race, pour s'alimenter, se développer, procréer, et se protéger de la prédation extérieure.
Mais il faut aussi que cette prédation, omniprésente, ne s'applique pas à l'intérieur de l'espèce, sinon sa survie est impossible.

Chez les animaux, il y a souvent une barrière génétique qui les arrête au dernier moment. Les cerfs, par exemple, se battent énergiquement, mais le vainqueur ne tue pas son adversaire.

Chez les hommes, on dirait que cette barrière est moins bien installée. L'espèce humaine est d'ailleurs celle dans laquelle il y aurait le plus de meurtres intra-spécifiques.
L'esprit humain sait manipuler ses congénères de manière à fabriquer des criminels, sans doute à cause du développement de l'intelligence, qui permet un comportement moins figé que celui des animaux.

En tous cas, cela génère une absurdité supplémentaire : les guerres, les génocides, les millions de morts : l'homme tue l'homme, il devient une bête humaine sans morale ni éthique et ce, le plus souvent, sous le couvert de certitudes religieuses (les Croisés, le "Gott mit Uns" des Nazis, etc.).

Un choix d'amour

Le niveau de conscience atteint par l'espèce humaine est tel qu'elle peut choisir de s'entretuer. L'homme est le pire des prédateurs, à cause de son intelligence qui le rend apparemment plus distant d'une programmation génétique pure.

Mais d'autre part sa conscience l'incite aussi à vivre le respect, le pardon, l'amour, la bienveillance, le partage, la générosité ... d'autant plus que la conscience humaine est capable de générer une amplification des sentiments.
Dans ce cadre-là, une religion ou une philosophie élevant l'âme de l'homme à un concept altruiste est essentielle à la survie de notre humanité !

Il est bien évident que mon analyse est réduite, et que la réalité intrinsèque de tout cela m'échappe complètement.. Car je ne suis ... qu'un humain obsédé par la mort, que je ne peux d'ailleurs ni comprendre ni admettre.

Bien qu'étant très proche de la foi Luthérienne, je rejoins volontiers certains concepts panthéistes ou soufistes : je ne perçois pas Dieu comme un être distinct du monde, mais je ressens qu'Il lui est immanent, et que l'Univers est une manifestation visible de Dieu lui-même, pas une création telle qu'elle est définie habituellement. Dieu serait comparable à une sorte de matrice qui s'engendre à l'intérieur d'elle-même.

Le sens de la vie ?

Le sens de la vie, c'est probablement la vie elle-même : la survie ... de la Vie !
Pour être en accord avec cette réalité dans laquelle mon existence propre a bien peu de place, je dois apprendre à accepter l'absurde, l'inattendu, l'inassouvi, l'inaccessible.

Trouver à m'amuser malgré l'absurde. Grandir intérieurement vers l'Amour, la sérénité, la compréhension des autres ... car l'enfer, pour moi, est largement représenté par les autres et il y en a plein, partout ...

Et pour conclure, un petit paradoxe personnel de l'absurdité : "La 'sagesse', ne serait-elle pas l'illusion qu'ont certaines personnes de ne pas rester objet de l'absurde, mais d'en devenir un meilleur sujet ?"

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"On mesure l'intelligence d'un individu à la quantité d'incertitudes qu'il est capable de supporter."
E. Kant

"On se crée son propre enfer, on n'a même pas besoin des autres pour cela."
L'auteur

 

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