François Calay

Surdoué ou psychotique ?

hp ou malade psychotique ?Une question ... bien délicate !

Cette question : "surdoué ou psychotique ?" m'est apparue au fur et à mesure des années, et fait suite à mes observations.

J'ai fréquenté un grand nombre d'hommes et de femmes officiellement reconnus ou tout au moins qui se reconnaissent "hp" :
- dans les réunions de différents groupes, régionaux et nationaux
- lors d'activités organisées par ces groupes
- lors de loisirs informels, fêtes et événements, au sein de relations amicales
- à l'hôpital psychiatrique où j'ai fait un sevrage de morphiniques et benzodiazépines
- dans leur profession, alors que je m'occupais de maintenance informatique
- dans différents forums internet
- dans le courrier et les rencontres qui font suite à mon site internet que vous avez sous les yeux.

Ce sujet est très délicat. Je désire uniquement vous partager mon ressenti, car je n'ai aucune compétence spécifique dans ce domaine, et ne désire entrer dans aucune polémique. Ne croyez pas que je cherche à démontrer quoi que ce soit, ni dans un sens, ni dans l'autre. Mais je me pose certaines questions ... bien délicates ...

Il est surprenant de voir les similitudes qui apparaîssent entre le fonctionnement prétendu normal du "surdoué", et certaines formes de "cas psychiatriques", voyez ci-dessous :

manie ou douance ?"Crise maniaque" ou "surdouance" ?

Le plus surprenant, c'est l'analogie entre une crise maniaque chez une personne souffrant de bipolarité, et l'état prétendu "normal" d'un "surdoué" :
Le texte ci-dessous est tiré de l'encyclopédie Wikipedia :

"Un épisode maniaque est caractérisé par une modification de l’humeur, et la survenue de certains symptômes. Bien évidemment, tous les symptômes ne sont pas présents à la fois chez un même individu. Beaucoup d’aspects permettent de considérer la manie comme une “accélération”, une intensification des pensées, des émotions : tout est plus fort, plus vif, plus intense, y compris la douleur morale ou la tristesse parfois, ce qui amène à des confusions diagnostiques.

Les symptômes typiques de l'état maniaque sont par exemple :
- une excitation, une exaltation, le ressenti de « pressions intérieures »
- une humeur “élevée” : euphorique classiquement, mais aussi une irritabilité, une plus grande réactivité (« au quart de tour »), une propension à se mettre en colère
- de l’activité sans repos, de l’agitation improductive. Par exemple : la personne commence plusieurs choses et ne les termine pas
- une diminution de la pudeur, une « perte de gêne » allant parfois jusqu’à des attitudes de séduction et des contacts sexuels à l’excès ou au hasard (alors que dans son état “normal”, la personne n’aurait pas souhaité avoir ce genre de comportement)
- une accélération de la pensée : incessamment de nouvelles pensées traversent la tête de la personne
- des difficultés de concentration : difficultés à se tenir à une même activité, distractibilité
- des troubles du cours de la pensée : en parlant de quelque chose, la personne s’écarte encore et encore du fil de sa pensée (digressions multiples) et elle a du mal à retrouver le sujet initial dont elle voulait parler
- la fuite d’idées : les pensées se suivent extrêmement rapidement (tachypsychie), se bousculent parfois dans la tête. La personne passe du centième au millième. Les associations d’idées se relâchent. La suite des pensées reste logique pour la personne, mais pour son interlocuteur, il est parfois difficile de suivre le fil du discours (« coq à l’âne »). La personne qui souffre de manie, ayant oublié le but de son récit, n’est plus forcément capable de répondre à des questions ultérieures
- un besoin important de parler (logorrhée), et une parole abondante, accélérée, inarrêtable. Il s’agit du reflet de l’accélération des pensées. Dans les cas extrêmes, les paroles se précipitent si rapidement que l’auditeur a des difficultés à suivre
- une assurance excessive
- une réduction du besoin de dormir, sans que la personne ne se sente aussi fatiguée qu’elle le devrait en dormant si peu. La réduction du sommeil est souvent un des premiers signes d'apparition d’un épisode maniaque
- un sentiment altruiste : envie d’aider les autres, ressenti des émotions des autres (hyperempathie)
- une hypersensibilité affective (émotions plus vives) et quelquefois sensorielle
- une labilité émotionnelle : le fait de passer facilement du rire aux larmes
- une négligence possible de l’alimentation ou de l’hygiène.

Lors d’une manie, dans un délire de grandeur, le malade peut s’engager dans des affaires menant à des conséquences très désagréables pour les personnes concernées et pour ses proches. L’image complète d’une manie, chez le même patient, peut différer de cas en cas et souvent d’épisode en épisode. Le malade prend conscience de la souffrance de ses proches et des conséquences sociales seulement quand la manie diminue. Des sentiments graves de honte par la suite ne sont pas rares. Les amis et la famille n’arrivent pas à empêcher le malade d’agir. Un maniaque ne se laisse ni freiner ni donner des leçons.

La plupart de ces comportements sont étrangers au caractère du malade qui, pendant une phase maniaque, ne réalise pas qu’il est malade se sentant « parfaitement bien », le plus souvent, ce qui rend le traitement difficile."

hypomanie ou haut potentiel ?Conclusion :

Qui est quoi ? Je ne sais pas. Je reste prudent et circonspect :

J'ai rencontré un certain nombre de "surdoués" ayant été (à tort ou à raison ?) médicalement diagnostiqués de borderline, de paranoïaques, d'autistes, de bipolaires, parfois soignés ou hospitalisés comme tels, et d'autre part j'ai rencontré dans le milieu hospitalier psychiatrique un certain nombre de patients "normaux" ressemblant, tout au moins lors de leurs crises, à des "surdoués".

J'ai observé beaucoup de surdoués à l'intelligence logique brillante, capables de déductions rapides et complexes, ayant une mémoire phénoménale, des ressentis exacerbés, etc. ... mais ... totalement dépourvus de bon sens et d'intégration sociale. Leur QI d'intelligence émotionnelle (suivant le concept de Daniel Goleman) doit être proche du zéro absolu.

J'ai pu voir des gens (surdoués ou non) aux cervaux fonctionnant à des vitesses supersoniques, accablés d'états obsessionnels tournant en boucle, de perceptions sensorielles très élevées, de capacités étonnantes d'intuition et de prémonition, d'états d'angoisse provenant d'une conscience élargie des dangers, vivant dans une inadaptation sociale parfois complète, avec peu de sommeil ou des nuits tourmentées, enhavis de sentiments altruistes parfois très théoriques mais bien réels, d'une imagination débordante bien que souvent improductive, etc.

Il faut être prudent : l'être humain est extrêmement complexe, et le réduire à des définitions basées sur des symptômes, aussi bien dans un sens que dans l'autre, serait une erreur.

Le critère, pour moi, est celui-ci : une personne est en bonne santé mentale si elle a la capacité de vivre en équilibre avec elle-même et avec ce qui l'entoure.
Par rapport à cela, les prétendus "surdoués" ont vraiment, comment dire ... d'énormes difficultés ...

Peut-être existe-t-il des "surdoués" sociables, altruistes, patients, bien dans leur peau, socialement intégrés, apaisés, stables, responsables, fidèles en amitié, capables d'empathie, mais ceux-là, hélas, je ne les ai pas souvent rencontrés.

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