François Calay

Comment repérer les "surefficients mentaux" ?

Comment reconnaître une personne "atypique" ?

Lorsque j'ai commencé à comprendre plus profondément le problème, je me suis rendu compte que je n'étais pas un cas isolé. Ce fut une première grande étape.
Puis je me suis demandé : "Où sont les autres ? Comment les reconnaître ?"
Au début, ce fut difficile. Alors j'ai pensé à mes amis, et j'ai trouvé dans certains d'entre eux des exemples majeurs de profils atypiques, finalement pas difficiles à déceler !

J'ai aussi fait certaines approches d'études généalogiques de lignées familiales, qui me confirment ce qu'en disent certains psychologues spécialisés : "lorsqu'une personne est "atypique", au moins un de ses deux parents l'est aussi", il y a un facteur héréditaire ascendant (attention : pas nécessairement descendant) qui se vérifierait. C'est extrêmement intéressant.

Je considère qu'une personne est très probablement "atypique" lorsqu'elle est sensible au minimum à trois des cinq secteurs suivants :
- Littérature
- Science et technique
- Art
- Sport
- Spiritualité

Un procédé, très personnel, que j'utilise pour déterminer si une personne est "atypique", consiste donc à lui parler de différents sujets, en observant dans lesquels elle est à l'aise.
Le but n'est pas de juger son niveau de connaissance, mais simplement de rencontrer son potentiel d'intérêt dans ces différents domaines. Il suffit qu'elle témoigne d'une ouverture ou d'une écoute, même s'il ne s'y connaît pas, le signe est très facile à déceler.

Exemple concret :
Si je constate que mon interlocuteur parle plusieurs langues étrangères (= littérature), qu'il pratique le vélo (= sport), qu'il est passionné d'informatique (= science), qu'il joue du saxophone (= art), et qu'il revient d'un temps de réflexion en solitaire (= spiritualité), je suis certain d'avoir en face de moi un réel profil atypique, un "surdoué" complet.

Une autre caractéristique qui me permet de reconnaître les "atypiques", c'est leur propension à ouvrir plusieurs sujets dans la même conversation, d'avoir une arborescence de pensée dans laquelle un sujet en appelle un autre, complètement différent, et où on passe d'un sujet à l'autre sans nécessairement avoir refermé le premier, tout en ayant conscience de la liste complète des sujets ouverts depuis le début de la conversation.

Relationnellement, il est indispensable que je sache si la personne avec qui je dialogue est une personne "normopensante" ou "atypique", car il faut que j'adapte au mieux ma structure d'expression.
Sinon, c'est le fiasco avec les "normopensants", qui ne comprennent pas de quoi je parle, ont peur de moi, me prennent pour un extraterrestre, et me rejettent pour se protéger, surtout lorsqu'ils sont en groupe.

Il y a encore d'immenses progrès à faire pour affiner cette approche de la différence.
Dans ce domaine-là, je ne suis, malheureusement, pas doué du tout !

La photo ci-dessous :

Voici une classe de 25 élèves, photo prise en 1970.
Statistiquement (5 à 10%), il s'y trouve au moins deux atypiques, mais sans doute un peu plus vu le contexte spécifique très élitiste de l'établissement scolaire en question.
Le jeune-homme à l'avant droit se tient d'une manière qui exprime clairement une distance par rapport au groupe. Il est atypique et a souffert, croyez-moi.

classe

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